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Musique classique et opéra par Classissima

Myung-whun Chung

vendredi 24 octobre 2014


Les blogs Qobuz

3 octobre

Silence à Pleyel – Deux orchestres pour une seule radio – La coordination piégée – Charles Dutoit et Marek Janowski – Jean-Marc Luisada au Balzac

Les blogs Qobuz Si vous aviez l’intention d’assister ce soir, vendredi 3 octobre, au concert de l’Orchestre Philharmonique de Radio France dans un programme Liszt (la rare Faust-Symphonie)-Luigi Nono particulièrement original, et je dirais même excitant, inutile de vous déplacer : vous trouverez porte close salle Pleyel pour fait de grève. Les musiciens de cette formation récusent, en effet, la réforme en cours consistant à mutualiser les équipes artistique et administrative des deux orchestres de la maison : le National et le Philharmonique. Réforme qui, certes, génèrerait quelques économies mais pourrait annoncer la disparition à terme d’un des deux orchestres — ce qui serait un comble au moment où l’on va inaugurer une nouvelle salle de concert au 116 de l’avenue du Président Kennedy. L’idée n’est pas nouvelle, et chez nos voisins — belges, italiens, allemands —, on a depuis de nombreuses années procédé à des coupes sombres et à des regroupements. Les radios qui, au début de leur histoire, furent à l’origine de nombreuses formations symphoniques afin d’alimenter leur programme peuvent aujourd’hui vivre confortablement, sans dommage pour les auditeurs mélomanes et à moindre coût, en puisant dans nos immenses discothèques, dans nos inépuisables archives, dans les ressources des échanges internationaux et dans les innombrables concerts donnés par d’autres formations, tels, chez nous, les excellents orchestres de région. Le pré carré Pour préserver leur pré carré, nos orchestres de radio doivent donc cultiver à la fois leur qualité et leur spécificité : se rapprocher des antennes, imaginer des programmes et des thématiques qui s’appuient sur des démarches communes — situation que j’ai personnellement connue lorsque j’ai exercé les fonctions de Directeur de la Musique et, comme mes prédécesseurs, j’eus la responsabilité simultanée de la production musicale et des programmes radiophoniques (France Musique et programme musical de France Culture). L’éclatement de cette Direction n’a pas été un progrès, c’est le moins qu’on puisse dire ! L’Orchestre National de France, en observateur… Au pupitre, Daniele Gatti (DR) Les Trente Glorieuses L’autre problème réside dans la structure et la fonction de chacune des deux formations. Lorsque la société Radio France a succédé à l’ORTF (qui disposait à l’époque de dix-sept orchestres de région et de quatre formations permanentes parisiennes), on a procédé à des regroupements et à des suppressions de postes (il fallait déjà, même à l’époque des soi-disant « Trente glorieuses », faire des économies !). Et toute l’activité de production musicale symphonique a été répartie entre le National (112 musiciens) et le Philharmonique (138 musiciens) ; on avait attribué à ce dernier une fonction particulière en conformité avec les missions de service public de Radio France, en direction du répertoire contemporain (avec une structure instrumentale et administrative plus flexible). Le cadet de ses soucis Et ce n’est pas un hasard si le premier directeur du « Nouvel Orchestre Philharmonique », en la personne de Gilbert Amy, était lui-même un compositeur. Le système aurait pu fonctionner, à condition que le successeur de Gilbert Amy (qui occupera dans quelques jours le fauteuil de Serge Nigg à l’Institut) joue le jeu. Ce ne fut pas le cas ; quand l’un de mes prédécesseurs engagea Marek Janowski, il oublia apparemment de lui préciser cette couleur particulière de la programmation, ou Janowski ne voulut pas l’entendre. Certes, en bon chef allemand consciencieux, il améliora la qualité instrumentale de la formation et sa cohésion, mais il s’obstina à suivre son propre chemin, et à jouer les indépendants vis-à-vis de la société Radio France qui l’avait engagé ; son propre répertoire était prioritaire et l’existence de l’Orchestre National (alors dirigé par Charles Dutoit qui, était prêt à dialoguer) le cadet de ses soucis. Enfin, lorsque Myung-Whun Chung succéda à Janowski, il était un peu tard pour redresser la barre et il est légitime aujourd’hui de redéfinir les fonctions des deux orchestres et d’en harmoniser les répertoires. Je regrette que cette nouvelle réforme ait entraîné le départ d’Eric Montalbetti, directeur artistique du Philharmonique depuis dix-huit ans dont le contrat a été rompu — un musicien et administrateur de grand talent que j’ai connu lorsqu’il fut stagiaire au Centre Acanthes et qui, précisément, était parfaitement l’homme de la situation. C’est à Jean-Pierre Rousseau, nouveau Directeur de la Musique, à déminer le terrain avec courage et détermination… Afin de démontrer rapidement que le silence à Pleyel, ce soir, est une grève pour rien… L’Orchestre Philharmonique en ordre de bataille. Au pupitre Myung-Whun Chung (DR) Il était une fois un cinéma… Il fut un temps où les salles de cinéma présentaient un long-métrage (parfois deux), un documentaire, les « actualités françaises » et (pour le même prix) offraient aux spectateurs un peu de musique pendant l’entracte. L’orgue du Gaumont Palace (la plus grande salle parisienne détruite en 1973, 6 000 places à l’angle du Boulevard de Clichy et de la rue Caulaincourt) eut son heure de gloire. Sans vouloir rivaliser avec cet établissement mythique, il existe encore une salle parisienne, et même à proximité des Champs-Elysées, où la musique tient régulièrement ses assises. C’est Le Balzac, au 1 dans la rue du même nom, salle indépendante programmée par Jean-Jacques Schpoliansky, dernière terre de résistance face aux grandes compagnies internationales. Jean-Marc Luisada, du côté de Balzac… (DR) L’invité d’octobre est le pianiste Jean-Marc Luisada dont, de longue date, j’aime particulièrement les Chopin. Et il jouera justement Chopin au Balzac le dimanche 12 et le mardi 14 octobre. Pour varier les plaisirs, il sera en compagnie de Macha Méril dans un programme Schubert, Satie, Reynaldo Hahn le lundi 13. Emotions et délices en perspective… Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans Diapason, numéro de octobre 2014 : « Ce jour-là, 28 octobre 1949 : La mort de Ginette Neveu »

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4 octobre

RADIO-FRANCE : SUITE DES ÉVÈNEMENTS

La représentation permanente de l’Orchestre Philharmonique de Radio-France a publié un communiqué fort développé et précis en forme de mise en au point « par souci d’information et pour répondre à certains arguments erronés relevés dans la presse » en particulier dans des articles étonnants publiés dans la presse écrite qui voyaient un délégué syndical de l’Orchestre national de France répondre à des questions sur ce conflit entre l’Orchestre Philharmonique et la direction de la musique. « Les musiciens de l’Orchestre Philharmonique sont tout à fait prêts à faire évoluer les quelques « dysfonctionnements paralysants » de la maison ronde, lorsque cette évolution ne met pas en péril la qualité artistique de leur travail. Lorsque le premier acte de cette réforme consiste à se séparer de personnes compétentes, il est difficile de cautionner de tels agissements, et d’établir une relation de confiance ». Le communiqué note les résultats très positifs (et reconnus internationalement par la profession) qui font de l’OPRF, l’un des deux meilleurs orchestres français et que le fruit de ce travail ne peut en aucun cas être comparé à un « état dans l’état ». La représentation permanente entend tordre le coup à l’idée qui veut que les deux orchestres de Radio-France jouent les mêmes œuvres : « entre 2000 et 2010, sous les directions musicales de Myung-Whun Chung et Kurt Masur : les deux formations ont interprété 1649 œuvres originales différentes en dix ans, jamais « doublonnées » entre les deux orchestres sur un total de 1898 œuvres programmées! On relève donc seulement 15% d’œuvres jouées (sur 10 ans!) par les deux formations, avec une moyenne de 115 œuvres originales par saison à l’OPRF (pour 50 à 55 projets annuels) et 76 à l’ONF (pour 30 à 35 projets annuels). » La prochaine étape du conflit à Radio-France se déroulera le lundi 6 octobre avec une réunion entre Mathieu Gallet, PDG de Radio-France et Mikko Franck, directeur musical désigné l’OPRF.




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30 septembre

Radio France : Mikko Franck s’explique (actualisé)

On attendait la réaction de Mikko Franck , directeur musical désigné de l’Orchestre philharmonique de Radio-France, sur les évènements qui secouent son orchestre et sur son « absence » aux concerts de cette semaine. Le chef finlandais a répondu aux questions de notre confrère anglais Norman Lebrecht qui publie sa réponse sur son site . Mikko Franck déclare avoir fait connaître, il y a 10 jours, les raisons de son renoncement à diriger les concerts de cette semaine dans une lettre que Radio-France n’a pas souhaité publier. À l’origine de ces tensions, il y a les projets de Jean-Pierre Rousseau, directeur de la musique depuis le printemps dernier, de réformer le mode de management des formations de Radio-France dans un sens qui ne satisfait aucun des chefs d’orchestre en poste à Radio-France : Myun Whun Chung, Daniele Gatti et Mikko lui-même (ce qui nous a été confirmé par des sources proches du chef coréen). L’éviction d’Eric Montalbetti, Directeur artistique de l’OPRF, sans que les directeurs musicaux soient consultés, il y a 3 semaines , a accru les tensions jusqu’à ce paroxysme. En l’état actuel des évènements, le chef rappelle son attachement à son futur orchestre et le dialogue constructif entrepris avec Mathieu Gallet, PDG de Radio-France, mais il précise qu’il ne dirigera pas l’OPRF lors des prochaines séries de la saison 14-15 si les conditions de travail qu’il avait approuvées lors de sa nomination en tant que Directeur musical de l’Orchestre ne seront pas réunies. En fin d’après midi, Mikko Franck a publié un communiqué en français qui reprend ses propos à Norman Lebrecht. Le musicien informe qu’il se rendra à Paris, le 6 octobre prochain pour « rencontrer le Président Directeur Général et les représentants de la Direction de la Musique ».

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22 septembre

Kissin et l’OPRF rendent hommage à Evgeny Svetlanov

Pour son premier concert de la saison à la Salle Pleyel, l’Orchestre Philharmonique de Radio France a voulu rendre hommage à l’immense chef Evgeny Svetlanov . Et comment mieux célébrer ce défenseur ardent du répertoire russe, en effet, qu’en réunissant en un même concert le deuxième Concerto, « tube » planétaire de Rachmaninov, et la symphonie Pathétique de Tchaïkovski, autre emblème d’une musique russe qui, enracinée dans la culture populaire, s’est hissée jusqu’à la perfection formelle ? Ces chefs-d’œuvre, dont Svetlanov a contribué à entretenir la mémoire, lui ont finalement survécu ; mais peut-être une part de son génie leur reste-t-elle mystérieusement attachée, de même que chaque visionnaire laisse sur la musique qu’il aborde une empreinte indélébile. En quelques mots émouvants que les spectateurs trouvaient imprimés sur un feuillet spécial, le pianiste Evgueni Kissin dresse un portrait de son homonyme et compatriote, qu’il côtoya beaucoup, et démontre que, parvenu au faîte de sa gloire, il n’en conserve pas moins le souvenir de ceux à qui il doit tant. Mais on ne peut s’empêcher de lire, entre les lignes de cette révérence à un chef aujourd’hui disparu, un vibrant éloge de l’investissement de Myung-Whun Chung auprès des musiciens de Radio France, alors que son mandat de directeur musical touche à son terme. L’enthousiasme prophétique pour les merveilles de la musique, le dévouement à son art, l’attention au détail et, en fin de compte, l’humilité : voilà bien des qualités qu’il partage avec la grande figure de Svetlanov. L’émotion visible qui étreint Kissin le conduit à donner, sous les yeux admiratifs d’une Salle Pleyel qui pourrait difficilement être plus pleine, un Rachmaninov impeccable de justesse, de retenue et de pudeur. Pas une fois, le soliste ne cède à la facilité, en cherchant à se mettre en avant. À ce titre, la réexposition alla marcia du thème du premier mouvement est sublime : le son de l’orchestre au sommet de sa puissance expressive, se marie parfaitement avec les attaques du piano ; il ne s’agit plus ici d’une lutte entre l’individu et la masse, mais d’un accomplissement réciproque – dont la portée métaphorique, à en juger par la ferveur des applaudissements, n’a laissé personne indifférent. L’orchestre, déjà excellent dans Rachmaninov, poursuit sur sa lancée avec une Pathétique tenue jusqu’à la dernière note. Les tempi de Chung, lents ou rapides, sont toujours excellents : la valse à cinq temps tourbillonne délicieusement ; la marche centrale vibre d’énergie maîtrisée ; et même lorsque, dans l’Allegro initial, le solo de clarinette (extraordinaire ce soir) conduit tout l’orchestre au quasi niente, le fil dramatique de la musique ne se rompt pas. Enfin, comble du luxe, après les dernières notes, déchirantes, du finale, les musiciens offrent au public trente secondes de pur silence, où les accents du désespoir se prolongent en un écho infini. Un bienfait trop rare. Crédit photographique : Myung-Whun Chung et Evgeny Kissin © Jean-François Leclercq



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11 septembre

Formidables machines au Festival Berlioz

Le Festival Berlioz fut implanté par Serge Baudo à Lyon de 1979 à 1989. Les plus beaux Troyens (confiés à l’imagination passionnée du tout jeune tandem Leiser-Caurier) y furent présentés à l’Auditorium en 1987. Bien qu’archi-intégraux, (on y réhabilita même la très belle scène, dite de Sinon, coupée par le compositeur lui-même), il se firent très injustement voler la vedette par la version présentée par Chung et Pizzi pour l’inauguration ultra-médiatisée de l’Opéra Bastille en 1989, version pourtant sans génie scénique et surtout charcutée, délestée des ballets essentiels : Leiser et Caurier se les étaient au contraire appropriés avec gourmandise pour une géniale mise en abyme où l’on pouvait voir le grand Hector rêver sa partition avant que cette dernière ne brûlât dans les sables africains : mémorable ! En 1994, l’aventure festivalière reprit quelques kilomètres plus loin faisant de la ville natale de Berlioz, La Côte-Saint-André, le Bayreuth français (de même que l’on peut très bien concevoir ainsi que le déclarait la veille François-Frédéric Guy, que « Berlioz est le Beethoven français », dans ses opéras, il en est peut-être aussi le Wagner.) Conscient de la moindre production lyrique du Français, Bruno Messina , directeur artistique de la manifestation depuis 2009, bien que non berliozien au départ, mais fervent adepte de la bimusicalité, passionné par l’ethnomusicologie, et même passé par la variété, est aujourd’hui en train de transformer la « petite ville-au-bois-dormant » en une manifestation détonante qui n’aurait pas déplu à l’Hector d’Euphonia. Cela ne va bien sûr pas sans grincements de dents. Intituler l’Edition 2014 « Berlioz en Amérique » et la sous-titrer « Au temps des révolutions industrielles » ouvre beaucoup de portes à un public nouveau mais est pour certains un appel au blasphème. Ce Festival «conçu comme un clin d’oeil à Berlioz et aux voyages qu’il aurait pu faire s’il avait répondu aux diverses invitations reçues d’Amérique » fait effectivement hurler quelques gardiens du Temple : « Et pourquoi pas l’an prochain Berlioz sur la Lune? Berlioz au Tibet ? » Etonnant de constater qu’à la Côte comme à Bayreuth on s’enflamme vite! C’est finalement bon signe. Hector était clivant. Messina est dans le droit fil. En tous cas, le succès est au rendez-vous. On croit arriver dans une ville paisible où quelques transis vont échanger des propos d’initiés. C’est cela, mais aussi bien davantage. Du 26 au 31, sous le balcon d’Hector, l’argentin Alejandro Iglesias Rossi à la tête de son ensemble Fronteras Del Silencio récolte un triomphe musical et humain mérité en faisant voyager une assistance médusée une bonne heure durant jusqu’au confins du passage dans l’au-delà au moyen d’instruments inconnus. « C’est beau la musique de Berlioz », s’amuse-t’on après le concert où pas une note du cher Hector n’a été jouée, mais la curiosité de ce dernier pour les sonorités extra-classiques (la cymbale antique que l’on entendra le 30 dans son Roméo n’ayant rien à envier à l’étonnant « toucan » de l’ensemble argentin.) Ou bien encore le matin du 31, le grand concert gratuit de 3 heures en plein air sous la Halle ! Trois orchestres d’instrumentistes débutants du projet Demos Isère suivis de L’Orchestra Jovem do Estado de Sao Paolo, ce dernier sous le direction de Claudio Cruz, jouent tubes sur tubes. Aurait pu se glisser là certaine Marche hongroise : même pas ! Et pourtant les gardiens du temple ne peuvent que rendre les armes devant cette initiative qui fait de La Côte une ville noyée de musique. Euphonia ! La Côte est Euphonia, la ville-musique imaginée par Berlioz, cité idéale où tous les euphoniens seraient mélodie et rythme. « Sous l’influence de la Musique, l’âme s’élève et les idées grandissent, la civilisation progresse, les haines nationales s’effacent. » Quel beau projet que celui d’Hector! On le croit atteint à La Côte, qui entre le Concert monstre d’ouverture et sa clôture sera même parvenu à rassembler des gens qui avouent ne toujours pas aimer Berlioz ! Le vendredi 29 août, un programme intitulé East and …West side story célèbre la révolution industrielle qui passionna tant le compositeur dont on nous apprend qu’il naquit la même année où fut construit le premier train et dont on devine qu’il aurait été à coup sûr ravi de pousser jusqu’à l’invention du phonographe. Train, avion bateaux enchantèrent Hector Berlioz : « A bas les douanes et les douaniers…il n’y aura plus qu’un seul empire : la Terre. » Deux parties dans le concert dirigé par Leonard Slatkin , directeur musical de l’Orchestre national de Lyon. Pacific 231, la géniale partition d’Honegger (au fait à quand un Festival Honegger?) est dirigée on ne peut plus spectaculairement et permet de se réjouir d’emblée de la superbe acoustique du dôme installé depuis 2003 le temps du Festival dans la cour du Château Saint-Louis. Aussi décoiffante, la méconnue Iron Foundry composée par le russe Alexander Mosolov pour le 10ème anniversaire de la révolution russe. Dans son arbre généalogique, le chef américain projette idéalement la jubilation de Short Ride in a Fast Machine de John Adams avant de donner libre cours à son humour en invitant l’orchestre à jouer de courtes pièces plus connues que leur auteurs telle The Typewriter où il interprète lui-même la partie de soliste sur…une machine à écrire ! Il va même jusqu’à faire miauler le public : gros succès bien sûr. La seconde partie est consacré au mythe Roméo et Juliette des 2 côtés de l’Atlantique. Bernstein, Rota, Prokofiev, et Tchaikovsky (cherchez l’absent!). La geste de Slatkin est tout aussi impressionnante à la tête d’un orchestre devenu au fil des ans une magnifique machine lui aussi. Signalons l’audace d’enchaîner en un même souffle qui éteint dans l’oeuf toute velléité d’applaudir, Bernstein, Rota et Tchaikovsy. Belle idée ou vengeance malicieuse d’un chef agacé d’avoir entendu les applaudissements entre les trois pièces du Prokofiev juste avant ? Penchons pour l’ idée novatrice de la première hypothèse… Les gardiens du temple trépignent : pas une note de leur chéri ce soir encore. Une journée sans Berlioz ! Schocking!, s’exclament les Anglais (à leur décharge : sans eux, où en serions-nous par rapport à Hector?) Il faut attendre le concert du samedi 30, au même endroit… Une autre merveilleuse machine attend le festivalier: le London Symphony Orchestra ! Pour beaucoup c’est l’orchestre qui, dirigé naguère par le regretté Colin Davis, apprit Berlioz à toute la France. Le LSO c’est le fleuron de notre discothèque berliozienne. C’est une émotion puissante qui nous étreint d’autant qu’il est dirigé par un autre berliozien : Sir John Eliot Gardiner . Un ouverture parfaite avec le très beau Mer calme et heureux voyage de Mendelssohn (si Berlioz est le Beethoven français, Mendelssohn ne serait-il le Berlioz allemand?) Le bavard Concerto schumannien pour violoncelle convient parfaitement au jeu très lord Byron (clin d’oeil à Berlioz?) de Gautier Capuçon qui en extrait toute l’intense mélancolie, dans une belle osmose, avec l’orchestre : à plus d’une reprise, on le voit littéralement passer le relais au premier violon. Et enfin ! Berlioz !! Roméo et Juliette !!! On a beau savoir que ce ne seront que les extraits symphoniques (et encore, manque l’ouverture), on ne parvient pas à se satisfaire de la pourtant splendide exécution de Gardiner de partition adulée. Timbales précisément serties, Bal chez les Capulets absolument grandiose. Tout cela ne suffit pas. Terminer sur le silence post-pizzicati du Tombeau de Juliette est aux antipodes du sens de l’oeuvre. Du coup on chipote : on se dit que les graves berlioziens ne sont pas aussi bien mis en évidence par Sir John que par Sir Colin, ni les harpes… On a beau savoir qu’Hector promenait également son oeuvre ainsi pour la faire connaître : on n’en est plus là… LSO et ONL : Formidables machines, donc, faisant jeu égal au Festival Berlioz 2014. A la révolution industrielle de jadis répond la révolution musicale d’aujourd’hui.

Myung-whun Chung

Myung-whun Chung (22 janvier 1953) est un chef d'orchestre sud-coréen qui, depuis 2000, est à la tête de l'Orchestre philharmonique de Radio France, l'une des quatre formations administrées par les Concerts de Radio France. Pianiste, il est également connu grâce au Trio Chung, formé avec ses sœurs, violoniste et violoncelliste.



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