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Musique classique et opéra par Classissima

Myung-whun Chung

dimanche 26 mai 2013


Resmusica.com

22 avril

Mikko Franck succédera à Myung-Whun Chung

Resmusica.comC’est officiellement aujourd’hui que le chef d’orchestre finlandais Mikko Franck signera son contrat de directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Il succédera à Myung-Whun Chung en septembre 2015 pour une première période de trois ans. Mikko Franck est depuis plusieurs années un invité régulier de l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Entre octobre et décembre 2012 il avait accepté de remplacer in extremis Myung-Whun Chung – à la demande de ce dernier – pour plusieurs concerts. Violoniste de formation, Mikko Franck (né en 1979) est l’élève en direction d’orchestre de Joma Panula à l’Académie Sibelius d’Helsinki. Il n’y termine pas ses études – et par conséquent n’est titulaire d’aucun diplôme – en raison de ses très nombreux engagements à l’international (Philharmonia Orchestra, Orchestra sinfonica nazionale della RAI, Israel Philharmonic, LSO, etc.). En 2002 il obtient son premier poste de directeur musical avec l’Orchestre national de Belgique – poste qu’il garde jusqu’en 2007. En 2006 il est nommé directeur musical de l’Opéra national de Finlande, poste duquel il démissionne en 2007, mais dès 2008 la même institution le réclame en tant que directeur général de l’établissement. L’Orchestre Philharmonique de Radio France est placé sous la direction de Myung-Whun Chung depuis 2000.

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17 février

Alisa Weilerstein et Temirkanov, l’or et le plomb

L’Orchestre de Paris proposait pour la Saint-Valentin un programme entièrement russe par un duo artistique prometteur composé de la jeune et fort expressive violoncelliste américaine Alisa Weilerstein associée au fameux chef russe Yuri Temirkanov directeur du Philharmonique de Saint-Pétersbourg depuis 25 ans… soit à quelques années près l’âge de la musicienne. Surprise, la soirée démontra que l’alchimie est arrivée au bout de ses recherches, et que les deux musiciens ont trouvé le secret de la pierre philosophale ! Alisa Weilerstein a transformé le plomb des Variations rococo en or. Comme en 2010 avec déjà l’Orchestre de Paris , elle a cette théâtralité qui transforme le moindre accent en moment de drame ou de grâce, et donne à l’œuvre une ampleur dont cette musique manque fondamentalement. La direction minimaliste du chef avait l’avantage de ne pas détourner l’attention de la soliste. Yuri Termikanov, peut-être trop confiant dans sa connaissance intime de ce répertoire, a transformé l’or des Tableaux d’une exposition en plomb. Dans la même œuvre avec l’Orchestre Philharmonique de Radio-France, Myung-Whun Chung avait impressionné à l’automne dernier par sa capacité à unifier l’œuvre. Temirkanov pour sa part se contente d’éparpiller ces Tableaux façon puzzle, laissant aux pupitres le soin de briller à titre individuel. Seuls les amateurs de solos, de contraste dynamique et de déluge de décibels auront eu leur content. Les Parisiens ne manqueront pas le retour d’Alisa Weilerstein avec l’Orchestre de Paris la saison prochaine, avec Paavo Järvi dans un concerto de Prokofiev. Un alliage qui devrait exciter toutes les convoitises.




La musique classique

3 février

Ludwig van Beethoven – Romance cantabile pour piano, flûte et basson

Après vous avoir convaincu que Beethoven pouvait être transformé sans peine en rockeur heavy metal , voilà quelque chose qui remettra en cause vos certitudes ! En effet on associe trop souvent, à tort, la musique de Beethoven à une musique brutale, cognant à grands coups dans les tympans de l’auditeur. C’est pourquoi quand on entend un morceau si calme, si doux, avec une pointe de mélancolie passionnée comme ci-dessous, on ne pense pas qu’il puisse s’agir d’une oeuvre du maestro natif de Bonn. Et pourtant ! Si cette « Romance cantabile » est moins célèbre que la 5e Symphonie – qui a sans doute pérennisé l’association clichée Beethoven = musique de brutes – elle n’en demeure pas moins intéressante à découvrir. L’association piano-flûte-basson, peu commune en musique de chambre, révèle une heureuse connivence : ainsi, le timbre grave du basson répond habilement au ton aigu et brillant de la flûte, tandis que le piano fait entendre sa voix lors des enchaînements. Avec, en fond, un orchestre de cordes qui harmonise le tout. L’art et la manière de faire chanter cette musique d’amour par tout un petit monde ! Cette pièce ne fut pas publiée du vivant de Beethoven, d’où l’absence de numéro d’opus. Néanmoins elle figure dans le catalogue de Willy Hess, où sont consignés oeuvres et fragments oubliés du maestro, et porte le n°13. Les interprètes sont Patrick Gallois à la flûte, Pascal Gallois au basson et Myung-Whun Chung (actuel chef de l’Orchestre Philarmonique de Radio France) au piano.

Carnets sur sol

31 décembre

Carl Nielsen - Discographie des Symphonies

Après avoir présenté succinctement les trois premières symphonies , avoir recommandé un couplage particulièrement inspiré des deuxième et quatrième symphonies et signalé une version de référence inattendue de la Première, je propose un petit point discographique. Avec la réserve d'usage : le goût pour une version est quelque chose de tellement lié à l'image qu'on se fait d'une partition, de nos priorités personnelles (impact, clarté, élan, contrastes, types de phrasés, etc.), et même de notre système de reproduction sonore, que je ne suis pas toujours convaincu qu'on puisse réellement produire une discographie utile. Pour demeurer clair et ne pas surcharger en vain, je n'évoquerai que les versions qui ont été publiées commercialement - a priori, toutes celles que je cite ici sont couramment disponibles par le commerce. -- a) Sélection recommandée (par version) Je tâche de les organiser de la plus vivement recommandée à la moins. Symphonie n°1 Colin Davis / London Symphony Orchestra (LSO Live) Colin Davis traite cette symphonie avec la qualité de détail et le soin à chaque épisode « secondaire » très comparable à ce qu'on fait usuellement dans la Quatrième. Malgré son caractère beaucoup plus traditionnellement romantique que toutes les autres (toutes très bizarres), Davis en exalte toutes les trouvailles d'orchestration, tous les infra-motifs dissimulés dans le milieu du spectre sonore de l'orchestre. Il parvient même, à force de nuances, à rendre les nombreuses répétitions du troisième mouvement sans cesse nouvelles. Lecture animée de bout en bout et très lisible, une référence. Herbert Blomstedt (II) / San Francisco Symphony Orchestra (Decca) La tension et le galbe des mouvements extrêmes sont remarquablement tenus, Blomstedt tire le meilleur parti brahmsien de cette symphonie, affermissant les contours, accentuant la poussée et la danse, exaltant un chant sans sinuosité. Neeme Järvi / Göterborgs Symfoniker (Deutsche Grammophon) Järvi prend la voie opposée : sa Première est cinglante, tranchante. Elle va de l'avant de façon plus farouche et moins débonnaire, avec plus d'éclat que de galbe. Trois lectures vraiment remarquables, toutes extrêmement abouties. => Quelques autres excellentes versions : Rasilainen, Saraste, Schønwandt, Vänskä, Blomstedt I... Symphonie n°2 (Les Quatre Tempéraments) Adrian Leaper / National Symphony Orchestra of Ireland (Naxos) Lisibilité et tensions remarquables. Les timbres moins chaleureux que d'autres orchestres rendent cette lecture moins hédoniste, plus profonde d'une certaine manière : toute sa qualité tient dans l'équilibre d'ensemble. Leaper réussit à faire entendre ce qui se joue à l'intérieur de l'orchestre sans sacrifier la poussée d'ensemble, et converser remarquablement une assise lisible à sa pulsation - une des difficultés de Nielsen, où les basses babillent tellement que les appuis des temps forts sont peu sensibles (particulièrement lorsque les attaques se font après ou sont syncopées, ce qui advient fréquemment), est précisément de donner une impression de stabilité, pour éviter de verser dans le vaporeux invertébré. Neeme Järvi / Göterborgs Symfoniker (Deutsche Grammophon) Version très fouillée, tranchante, d'un grand éclat mais aussi d'une rare profondeur. Le mouvement lent acquiert une densité que personne d'autre n'atteint ici. Leopold Stokowski Danmarks Radiosymfoniorkestret (vidéo VAI, CD EMI) Invité en 1967 à diriger à Copenhague, Stokowski y dirige pour l'unique fois de sa carrière cette oeuvre. Lecture inhabituelle, très terrienne (chez lui, on entend les fondations !), pas toujours subtile, mais pleine d'énergie. L'orchestre a bien sûr ses limites d'alors, mais l'intensité de l'association est très impressionnante, avec un son d'une noirceur sidérante. Morton Gould / Chicago Symphony Orchestra (RCA) Version brillante et contrastée qui doit beaucoup à la qualité instrumentale et à l'engagement de l'orchestre. => Quelques autres excellentes versions : Schønwandt, Blomstedt II, Vänskä... Symphonie n°3 ("Sinfonia espansiva") Adrian Leaper / National Symphony Orchestra of Ireland (Naxos) Version dotée d'une tension plus importante qu'à l'accoutumée (moins contemplative que la concurrence) et de très beaux timbres. => Autres excellentes versions : Blomstedt II, N. Järvi, Schønwandt, Saraste, Bernstein, Blomstedt I... Symphonie n°4 ("Inextinguible") Jean Martinon / Chicago Symphony Orchestra (RCA) Lisibilité des lignes et tenue de la tension - pas toujours facile, le rythme de la basse se dérobe souvent dans la partition même de Nielsen, laissant planer des entrelacs au milieu de nulle part, qui par contraste paraissent mous. Avec une belle élégance et un son brillant. Colin Davis / London Symphony Orchestra (LSO Live) Niveau de détail exceptionnel, lecture assez nerveuse, avec de très beaux timbres. Herbert Blomstedt (I) / Danmarks Radiosymfoniorkestret (EMI) Version à ne pas mettre entre toutes les mains : moins nette que la plupart (aussi bien sur le plan esthétique que sur la seule réalisation instrumentale), elle offre néanmoins une qualité radiographique remarquable. Le manque de fondu et la cohésion moindre permettent en effet de mieux entendre les détails et les articulations des groupes - ces petites réserves sont en outre compensées par un investissement perceptible. Le caractère incantatoire et débridé de cette symphonie est particulièrement bien rendu ici - bien mieux par exemple que dans le relecture de Blomstedt avec l'orchestre plus solide de San Francisco, largement plus sur son quant-à-soi. Neeme Järvi / Göterborgs Symfoniker (Deutsche Grammophon) Comme à chaque fois, difficile de ne pas citer Järvi, qui est tout simplement parfait, très incisif, avec un superbe mouvement lent (les vents !) et un final débridé. Herbert von Karajan / Berliner Philharmoniker (Deutsche Grammophon) Lecture forcément étrange (assez marmoréenne et étrangement immobile quelquefois), mais la qualité de finition est tellement superlative qu'on ne peut être que passionné si l'on aime cette symphonie. Pas forcément un premier choix, mais on y entend des éléments rarement mis en valeur ailleurs, ainsi qu'une clarté de vision, une sûreté, une tension... qui donnent véritablement à entendre autre chose. => Autres excellentes versions : Saraste, Blomstedt II, Schønwandt... => Solos de timbales mémorables : Leaper, N. Järvi, Martinon... Symphonie n°5 Attention : ayant peu de goût pour cette symphonie, je me suis aperçu que j'étais surtout attiré par les versions lumineuses, cette sélection est donc d'autant plus sujette à l'idiosyncrasie... Adrian Leaper / National Symphony Orchestra of Ireland (Naxos) Clarté de conduction, grande poésie, parfaite lisibilité des strates. Jukka-Pekka Saraste / Yleisradion sinfoniaorkesteri (Orchestre de la radiodiffusion finnoise) (Finlandia) Version intensément lumineuse, d'une grande simplicité. => Prix de la plus belle caisse claire : Kani Vaaleanpunainen . Symphonie n°6 ("Sinfonia Semplice") Encore pire que pour la Cinquième, celle-ci a tendance à me passionner fort peu. Aussi je me contente de citer la seule qui ne l'ait pas fait, sans être assuré du tout que ce soit forcément la plus méritante, puisqu'elle répond de ce fait à des critères extérieurs à la symphonie elle-même... Colin Davis / London Symphony Orchestra (LSO Live) Lecture limpide, simple, à la fois délicate et détaillée, très apaisée. Le contraste entre les section y est au demeurant assez minime, même entre la tonalité affirmée du premier mouvement et l'atonalité errante du mouvement lent... Un sentiment d'unité assez fort se dégage de l'ensemble. -- b) Passage en revue des intégrales du commerce N'ayant pas eu l'envie de rechercher de façon un peu fastidieuse les dates d'enregistrement des unes et des autres (difficiles à trouver avec exactitude, s'étendant de toute façon sur plusieurs années, et la plupart ayant été réalisées dans les cinq à dix dernières années...), je les présenterai donc sur le même principe que précédemment, en débutant par les plus chaleureusement conseillées par mon petit goût personnel. Bien sûr, il est plus prudent de garder à l'esprit que les deux dernières symphonies ne m'étant pas indispensables, mon opinion se fonde sur une attitude vis-à-vis la musique de Nielsen qui a davantage à voir avec le style des quatre premières symphonies. Mais enfin, cela donne toujours quelques pistes pour déterminer de quoi cela a l'air, on trouve ensuite facilement des extraits sur MusicMe ou sur les sites commerciaux. Attention, les contenus des intégrales diffèrent : certaines (beaucoup) adjoignent des poèmes symphoniques, et parfois même de la musique de scène (extraits de l'Aladdin d'Oehlenschläger, par exemple). Pour ne pas surcharger la page, je ne l'ai pas précisé - à chacun d'aller vérifier les "bonus" du coffret. Blomstedt I & II, N. Järvi, Chung-Järvi, Thomson doivent être les plus anciennes, à peu près toutes les autres, je crois, datent des années 2000. Les références Colin Davis / London Symphony Orchestra (LSO Live) Le dernier volume (symphonies 2 & 3) doit paraître en février. Mais s'il se montre à la hauteur de ce qui a été publié, ce sera une référence assez inattaquable. Tout y est : clarté des plans, beautés des timbres, tension générale, lisibilité de la structure. Chaque symphonie enregistrée m'a profondément impressionné. D'autant plus remarquable que ce sont les dernières que j'aie écoutées, donc après m'être déjà constitué mes habitudes d'écoute et mes références. Par ailleurs, je ne suis pas sensiblement à la manière Davis, surtout ces dernières années avec le LSO - où il me paraît généralement s'effondrer vers des lignes de plus en plus molles. Ici, on entend bien une certaine rondeur des angles, mais cela n'entame en rien l'électricité générale. Neeme Järvi / Göterborgs Symfoniker (Deutsche Grammophon) Intégrale où tous les volumes disposent des mêmes qualités de tranchant, de présence. Maîtrise superlative des équilibres. Mouvements lents les plus beaux de la discographie. Tout simplement parfait. Elle se trouve couramment en coffret à prix très abordable. Jukka-Pekka Saraste / Yleisradion sinfoniaorkesteri (Orchestre de la radiodiffusion finnoise) (Finlandia) Typique du style de Sarastre : clairement le versant lumineux et lyrique de la lecture de ces symphonies. J'ai tendance à trouver que cela amoindrit parfois l'originalité de leurs climats (particulièrement pour les 2 et 4, qui doivent beaucoup aux « sentiments mêlés »), mais cette intégrale a l'avantage d'être enthousiasmante pour chaque symphonie. Les bonnes affaires Adrian Leaper / National Symphony Orchestra of Ireland (Naxos) Même si cette intégrale contient trois versions qui sont mes références absolues, elle se révèle assez inégale : la Première est noyée dans une prise de son réverbérée et lointaine, et la Quatrième se montre très molle (malgré le solo de timbales le mieux spatialisé de la discographie, où l'on entend vraiment la réponse des deux timbaliers). Herbert Blomstedt (I) / Danmarks Radiosymfoniorkestret (EMI) Peut-être l'intégrale la plus fragile instrumentalement (Kuchar et surtout Bostock manquent un peu de raffinement, mais ne font peut-être pas autant entendre les « coutures »), et elle souffre beaucoup d'être entendu immédiatement après une autre version, mais dans l'absolu, un détail et une qualité d'incarnation que je trouve particulièrement intéressants. Se trouve désormais à petit prix. Michael Schønwandt / Danmarks Radiosymfoniorkestret (DaCapo, puis Naxos) Intégrale très homogène, de qualité constante, réussie pour tous les volets. L'Orchestre de la Radio Nationale Danoise a fantastiquement progressé, et maîtrise ces oeuvres à la perfection. Une seule réserve, et qui est récurrente lorsque Michael Schønwandt interprète ces oeuvres : l'impression d'un centre touffu, mais qui manque d'assise. Cette faiblesse réside dans l'écriture orchestrale de Nielsen lui-même, occupée dans des volutes internes et manquant éventuellement de basses solides ou de pulsation sensible ; mais la plupart des chefs cités ici résolvent cela, parviennent à redonner des appuis à la musique. Malgré sa très grande qualité, donc, cette lecture sonne à mes oreilles toujours un peu invertébrée. Vraiment véniel, bien sûr, mais puisqu'on a le choix, je me permets de comparer. Bonnes versions Herbert Blomstedt (II) / San Francisco Symphony Orchestra (Decca) Malgré une Première Symphonie très marquante, le "classicisme" un peu rigide de cette lecture devient de moins en moins intéressante au fil des symphonies les trois premières sont très réussies, mais les suivantes paraissent un peu terne (en comparaison seulement !). La prise de son relègue en outre les détails un peu à l'arrière. Très bon ensemble néanmoins, mais à recommander surtout si l'on a envie de découvrir les premières symphonies. Réédité à prix modeste par Decca, en deux volumes. Osma Vänskä / BBC Scottish Symphony Orchestra (BIS) L'Orchestre de Lahti, autre compagnon de route de Vänskä, est également crédité, mais il ne joue que les poèmes symphoniques, qui ne sont pas mon objet aujourd'hui. Contrairement à ce qu'on pouvait redouter, Vänskä ne verse pas dans la mollesse. Il s'agit d'une lecture un peu standard, pas particulièrement aventureuse, mais tout à fait convaincante de l'ensemble de ces symphonies. Myung-Whun Chung & Neeme Järvi / Göterborgs Symfoniker (BIS) Répartition comme suit : Chung pour 1,2,3 & 5 ; Järvi pour 4 & 6. Un peu désappointé en revanche en écoutant cette version : Göterborg sonne assez agressivement (on dirait presque Helsingborg dans la Symphonie de Rott !), et je n'y perçois pas la maturation évidente dans la plupart des autres intégrales. Une belle version qui sent un tout petit peu le studio, peut-être. Les autres Theodore Kuchar / Orchestre Philharmonique Janáček (Brilliant Classics) J'ai trop peu écouté cette version pour dispenser un avis fiable. Il m'avait paru (il y a déjà longtemps) que les timbres, le niveau de détail et le raffinement général n'étaient pas comparables aux meilleures intégrales, mais j'en ai par ailleurs souvent lu du bien (il est vrai, souvent de la part d'auditeurs qui n'avaient pas forcément multiplié les versions), et cela mériterait de s'y replonger pour un avis un peu plus motivé. Douglas Bostock / Royal Liverpool Philharmonic Orchestra (ClassicO) Avec le Royal Philharmonic Orchestra pour les poèmes symphoniques ; également édité par les labels japonais Documents et Quadromania. Sans doute la seule intégrale que je déconseillerais vraiment, encore qu'elle reste parfaitement écoutable. Disons que le parti pris esthétique de l'orchestre massif pas très gracieux ne correspond pas vraiment aux qualités de transparence et de mobilité qu'on attendrait dans ce corpus. Il s'agit sans doute davantage d'une caractéristique technique de l'orchestre (qui a toujours tendance à sonner comme cela), même si accentuée par le chef (ou par la confrontation à ce répertoire précis), que d'un choix délibéré, cela dit. Rééditions sous forme de coffrets (chez ClassicO et Quadromania), mais pas forcément à prix concurrentiel vu les grandes intégrales bradées par ailleurs. Bryden Thomson / Royal Scottish Orchestra (Chandos) Jamais écoutée. La seule intégrale un peu difficile à trouver : épuisée et "remplacée" par l'enregistrement de Rozhdestvensky. Elle a bonne réputation. Gennady Rozhdestvensky / Kungliga Filharmoniska Orkestern i Stockholm (Chandos) En français : Guennadi Rojdestvenski / Orchestre Philharmonique Royal de Stockhlom. Je n'en ai entendu que des extraits, trop peu pour estimer quoi que ce soit. Le risque (confirmé par quelques commentaires lus, par ailleurs plutôt positifs) est celui de la lenteur extrême, qui pourrait faire verser l'ensemble dans le monumental ou le contemplatif, parfois à rebours du propos. A essayer. -- c) Commentaire de versions isolées Je ne peux bien sûr pas toutes les citer, les symphonies 4 & 5 étant enregistrées assez souvent, et pas toujours sur de grands labels. Je me contente donc de mentionner quelques-unes particulièrement intéressantes, célèbres ou susceptibles de se trouver dans les bacs. Symphonie n°1 - Ari Rasilainen / Kringkastingsorkestret (Radio Norvégienne) (Apex) Version extrêmement lyrique et lumineuse, encore plus allante et transparente que Saraste, dont l'esthétique est très proche. Une très belle réussite. - Thomas Jensen / Danmarks Radiosymfoniorkestret (Decca, réédité par Naxos, Dutton Laboratories...) La plus ancienne version commercialisée de la Première, il me semble (1952), réalisée par un chef qui avait fréquenté Nielsen. Une version tout à fait honorable, mais pas particulièrement prégnante - et puis pour ce genre d'oeuvre, on gagne tellement à une prise de son plus chaleureuse et nette. - Eugene Ormandy / Philadelphia Orchestra (Sony) Pas encore écouté. Symphonie n°2 - Alan Gilbert / New York Philharmonic (DaCapo) Version assez terne et pesante, qui ne rend pas véritablement justice à l'oeuvre, à mon sens. - Leonard Bernstein / New York Philharmonic (Sony) Très tentant, mais pas encore écouté. - Thomas Jensen / Danmarks Radiosymfoniorkestret (EMI) Enregistrement pionnier de 1947. Pas écouté. Symphonie n°3 - Leonard Bernstein / Det Kongelige Kapel (Orchestre Royal du Danemark) (BMG, puis Sony) Lecture étrangement vive et violente de cette symphonie "pastorale", avec pour résultat, sur un orchestre avec qui Bernstein n'a pas souvent collaboré (et qui n'avait pas le niveau technique de ceux qu'il fréquentait généralement), des sonorités sèches et assez dures, pas toujours agréables. Et surtout, la congruence entre ces choix et la partition échappe. Mais cela reste une lecture originale et très tendue, à découvrir peut-être. - Giordano Bellincampi / Sjællands Symfoniorkester (Philharmonique de Copenhage) (EMI) Version tout à fait satisfaisante, sans saillances particulières. - Rico Saccani / Budapesti Filharmóniai Társaság Zenekara (BPO live) Pas encore écouté. Disque de bonne réputation. - Erik Tuxen / Danmarks Radiosymfoniorkestret (Decca) Pas écouté. Possiblement le premier enregistrement intégral d'une symphonie de Nielsen (1946) ? Comme Jensen, il avait bénéficié des conseils de Nielsen. - Jasha Horenstein / Northern BBC Symphony Orchestra (BBC Legends) Pas écouté. (Mais considérant mon peu d'appétence pour Horenstein et le cas singulier de sa Cinquième, ce ne sera pas une urgence pour moi.) - Alan Gilbert / New York Philharmonic (DaCapo) Pas écouté, mais pas très tenté considérant la Deuxième déjà atone. Symphonie n°4 - Gustavo Dudamel / Göterborgs Symfoniker (Deutsche Grammophon) Vision qui favorise les contrastes, pas toujours subtilement, on entend davantage les grandes articulations que les détails délicats ; mais avec un chef énergique, un orchestre spécialiste et une prise de son de grande qualité, on obtient un résultat convaincant. - John Barbirolli / Hallé Orchestra (BBC Legends) Version traditionnellement diffusée de l'oeuvre. Ce doit être celle que j'ai écouté en premier, à une époque où Nielsen ne m'avait pas encore séduit. Il ne m'en reste donc pas grand'chose, même si par principe je doute que Barbirolli ait le profil pour produire la Quatrième la plus transparente et électrique de la discographie. - Simon Rattle / City of Birmingham Symphony Orchestra (EMI) Une de ces versions où un chef d'envergure internationale enregistre des classiques brillants du répertoire nordique (couplé avec la Cinquième de Sibelius). Impression assez terne, mais il faut dire que le Rattle de l'époque ajouté à Birmingham (pas l'orchestre le plus coloré du monde) et aux infâmes prises de son lointaines et ouatées d'EMI à l'époque... peut-être était-ce bien en salle, mais au disque, il y avait peu de probabilité d'être bouleversé. - Yehudi Menuhin / Royal Symphony Orchestra (Simax, Virgin) Version extraordiairement molle, qui parvient quasiment à faire sombrer l'oeuvre. Même les solos de timbales paraissent laborieux. - Leonard Bernstein / New York Philharmonic (Sony) Pas encore écouté. Prometteur. - Launy Grøndahl / Danmarks Radiosymfoniorkestret (EMI) Pas encore écouté. Même principe que pour Jensen et Tuxen : en 1951, enregistrement de l'oeuvre par un chef qui avait conversé avec Nielsen. Symphonie n°5 - Jasha Horenstein / New Philharmonia Orchestra (BBC Legends et divers labels) Enregistrement très célèbre et jadis très largement diffusé. Une version sèche et assez noire, peu de couleurs, assez implacable. Je ne suis pas particulièrement fasciné, n'y trouvant pas pour autant une poussée discursive forte - mais j'ai toujours trouvé quelque chose d'un peu plat chez Horestein (sans doute une affaire de son d'orchestre, un peu écrasé à la Walter), quel que soit le répertoire, je ne suis donc pas une référence en la matière. - Leonard Bernstein / New York Philharmonic (Sony) Pas encore écouté. Version précédée d'une forte réputation, et assez attirante en effet. - Gustavo Dudamel / Göterborgs Symfoniker (Deutsche Grammophon) Pas écouté, mais devrait être intéressant, dans un genre sans doute un peu spectaculaire. - Erik Tuxen / Danmarks Radiosymfoniorkestret (EMI) Pas écouté. Toujours sur le même modèle de la collaboration préalable avec Nielsen. - Thomas Jensen / Danmarks Radiosymfoniorkestret (Decca) Pas écouté. Celui-ci arrive en second (1954), après l'enregistrement de Tuxen (1950). Symphonie n°6 - Eugene Ormandy / Philadelphia Orchestra (Sony) Pas encore écouté. Souvent présenté en référence. - Jasha Horenstein / Hallé Orchestra (?, puis Intaglio) Pas écouté. - Thomas Jensen / Danmarks Radiosymfoniorkestret (Tono) Pas écouté. Enregistré en 1952. -- d) Conseils Après cette vaste promenade, quelques conseils sont peut-être nécessaires. Ils sont simples : j'ai exprimé mes goûts par version et par intégrale, tout dépend ce que l'on cherche. Mais si on souhaite découvrir Nielsen ou disposer d'un ensemble sans faiblesse à prix abordable, l'intégrale de Neeme Järvi chez DG me paraît tout indiquée : toutes les symphonies sont réussies, souvent parmi les meilleures versions, et le coffret de 3 CDs se trouve à moins de 15€€€ sur Amazon Marketplace (un peu plus de 20€ sinon). Les autres excellentes intégrales se trouvent en séparé, et son plus récentes (donc encore chères). 5 étant enregistrées assez souvent, et pas toujours sur de grands labels. Je me contente donc de mentionner quelques-unes particulièrement intéressantes, célèbres ou susceptibles de se trouver dans les bacs.



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16 décembre

Sokhiev face au Sacre

L’année du Centenaire du Sacre du printemps n’a pas encore commencé mais la vague des parutions s’est déjà amorcée. Ainsi, l’Orchestre du Capitole de Toulouse publie cet album hybride à la fois CD et DVD ou se côtoient deux lectures du Sacre du printemps. Les orchestres français ont toujours honoré cette partition, créée à Paris, en 1913. Ainsi les deux premiers enregistrements de l’histoire sont à mettre au crédit de phalanges parisiennes : l’Orchestre du Gramophone sous la baguette de Pierre Monteux et celui des Concerts Straram (renommé pour l’occasion Orchestre symphonique) avec le compositeur en personne. Depuis ces albums pionniers c’est un véritable feu d’artifice à Paris et en régions : Pierre Monteux avec l’Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire (Decca), Pierre Boulez avec l’Orchestre national de la RTF (Montaigne), Daniel Barenboïm et Semyon Bychkov avec l’Orchestre de Paris (Erato et Philips), Myung-Whun Chung et le Philharmonique de Radio-France (DGG), Alain Lombard avec l’Orchestre de Strasbourg (Erato) puis celui de Bordeaux (Audivis) ou encore Marc Soustrot et l’Orchestre philharmonique des Pays de la Loire (Pierre Vérany), sans oublier d’autres lectures de concerts éditées avec plus ou moins de soins (on pense à un live de Pierre Monteux avec l’Orchestre National savaté par un son miteux). Cela étant, à l’exception de la lecture de Pierre Monteux pour Decca et celle fondatrice et enragée de Pierre Boulez , toutes ces interprétations font très pâle figure dans une discographie barrée par tant de références magistrales. Avec son fini râpeux et ses couleurs très vertes, l’orchestre toulousain possède un potentiel à même de rendre la radicalité instrumentale fauve et barbare du Sacre. Malheureusement, Sokhiev en reste à une conception bien construite mais trop placide et attentiste comme si le Sacre du printemps était seulement une fresque orchestrale bien mise. Ce Sacre est celui d’un vieux chef nostalgique de sa vie, pas celui d’un jeune démiurge. Dans l’absolu, cette vision édulcorée a déjà été débroussaillée par de nombreux chefs (Herbert von Karajan, Lorin Maazel, Colin Davis, Ivan Fischer), mais ces derniers dirigeaient des phalanges d’un tout autre niveau technique et pouvaient se perdre dans les nuances et les beautés instrumentales de leurs musiciens. Qui plus est, Sokhiev peine à habiter le début de la « Seconde partie », dirigeant à la barre de mesure, un orchestre concentré mais sans séductions particulières ; alors qu’il surexpose des cuivres précis mais envahissants et des percussions trop martiales. Des deux lectures proposées en CD et DVD, on avoue préférer celle captée en vidéo, plus contrôlée et surtout mieux enregistrée, même si la réalisation vidéo est très scolaire et besogneuse. En complément, Sokhiev offre la suite de l’Oiseau de feu. On a souvent pesté dans ces colonnes contre l’absence d’intérêt de cette suite qui casse l’élan narratif de la partition. Le chef dirige ces épisodes comme une succession de tableaux isolés. Les tempi, globalement trop lents, enlisent les épisodes rêveurs comme la « Ronde des princesses » ou la « Berceuse » ou s’emballent dans une débauche grossière de décibels à l’image du « Finale ». Pire, l’Oiseau de feu est un scanner impitoyable pour les carences de l’orchestre avec des cordes aigres et ses pupitres de vents inégaux (le hautbois est atrocement aigre). Comme avec beaucoup de disques orchestraux actuels, on parie que cet album saura combler les attentes égotiques des mécènes et des familles des musiciens, mais dans l’absolu, cet album vient atterrir dans le ventre mou de la discographie. Certes, ce disque est plus présentable que le précédent album du chef, parangon de médiocrité, mais on attend toujours de voir en Sokhiev, le grand chef visionnaire que l’on nous promet…

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12 décembre

Les suites pour violoncelle de Bach à la contrebasse

François Rabbath est un musicien grandement attachant. Il y a quelques jours, lors de la sortie officielle de cet album, qui coïncidait avec les 40 ans de l’éditeur FY et Solstice, le public du théâtre de l’Athénée à Paris a pu entendre cet artiste exceptionnel en compagnie de son fils Sylvain au piano, dans un programme varié autour de ces fameuses suites pour violoncelle de Bach qu’il interprète sur sa chère contrebasse. Depuis toujours, et comme un défi qu’il s’était lancé il y a longtemps déjà, il souhaitait travailler ces œuvres, mais dans la tessiture réelle du violoncelle, c’est-à-dire globalement une octave au-dessus du jeu habituel de la contrebasse. Le challenge était de taille ! Certes c’est la musicalité qui prime ici, de toute part, une inspiration de chaque instant, soutenue par un texte d’une extrême densité. Du coup, on entend tout autrement ces œuvres. La contrebasse est émouvante au possible, une chaleur indicible s’en dégage, c’est l’occasion d’entendre ces pages autrement, même si on sent bien les limites que propose cette grande basse de violon en terme de justesse stricte, surtout dans les aigus en fin de touche. Nous avons récemment entendu une très belle version de Peter Wispelwey au violoncelle baroque accordé un ton en dessous du La actuel, donnant à ces suites un caractère de gravité inouï à ce jour, se référant au diapason ancien de Köthen, contemporain de la création de ces œuvres. Ici et par simple logique vu la taille de l’instrument, cette impression de gravité se retrouve grâce à d’autres chemins, et semble bonifier tout naturellement le discours musical. François Rabbath propose toutes les reprises dans ces danses qui s’enroulent harmonieusement les unes aux autres. Dans la sixième suite en ré majeur, se posait vraiment le problème de la tessiture, cette dernière ayant été composée pour un instrument plus aigu (viola pomposa ou violoncelle piccolo). Le musicien la transpose ici en sol majeur, comme l’aurait sans doute fait Bach lui-même en pareille circonstance. On se souvient de cette accommodation lorsqu’il transcrivit les concertos de violon vers le clavecin, pour des raisons évidentes liées à la technique et l’ambitus des claviers. Une citation du grand chef d’orchestre Myung Whun Chung résume à elle seule l’art de François Rabbath : « Il est capable de chanter et de faire avec la contrebasse de la musique libérée des contraintes techniques habituelles ». Remercions l’éditeur Solstice pour ce cadeau, et un grand merci pour 40 ans d’édition musicale autour de grands artistes de ce monde : Pierre Cochereau, Yvonne Lefébure, Alain Ledroit, François Rabbath… Joyeux anniversaire !

Myung-whun Chung

Myung-whun Chung (22 janvier 1953) est un chef d'orchestre sud-coréen qui, depuis 2000, est à la tête de l'Orchestre philharmonique de Radio France, l'une des quatre formations administrées par les Concerts de Radio France. Pianiste, il est également connu grâce au Trio Chung, formé avec ses sœurs, violoniste et violoncelliste.



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